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La CMM et le Forum Social Mondial 2011 du 6 au 11 février 2011 à Dakar

Le dimanche 6 février, toute la troupe de la Caravane et de la Charte Mondiale a repris le bateau pour retourner sur le continent et participer à un autre événement passionnant : la Forum Social Mondial ! Passionnant, le FSM l’était à plus d’un titre : 60 000 personnes, une société civile mondiale diversifiée et plurielle, une ambiance électrique, réceptacle des révolutions en cours dans le monde arabe, une grande place attribuée aux questions africaines, à commencer par la migration, etc.

1. Qu’est-ce que c’est le FSM?[1]

Le Forum Social Mondial est né à l’initiative d’acteurs des sociétés civiles du Sud, notamment du Brésil, pour faire entendre des voix alternatives au moment où se réunit chaque année le Forum Economique Mondial de Davos[2].

Le FSM a ainsi été dès son origine un espace où s’exprime la contestation de l’ordre économique néolibéral représenté par les Institutions Financières Internationales (Banque Mondiale et FMI) et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Il s’inscrit dans la continuité des mobilisations contre l’OMC en 1999 à Seattle, ou de la mobilisation contre le G8 à Gênes en 2002, et se retrouve autour du slogan désormais célèbre : « un autre monde est possible ».

Le FSM est le premier événement global porté par des sociétés civiles du monde entier, élaboré pour se dérouler au Sud, avec pour objectif le rassemblement de citoyens et d’organisations de la société civile qui se retrouvent pour discuter et proposer des alternatives au système dominant.

Si le FSM est né au Brésil, à Porto Alegre en 2001, le processus s’est développé dans de nouvelles aires géographiques. Il est aujourd’hui porté par des acteurs de tous les continents :

· Forums régionaux : Forum social africain, Forum social maghrébin, Forum social des Etats-Unis, Forum social européen, Forum social des Amériques…

· Forums thématiques : Forum social des migrations, Forum social de l’éducation, Forum droit à l’alimentation et souveraineté alimentaire…

Les principes centraux de la Charte

· Le FSM est un espace ouvert, qui permet la confrontation d’idées, l’élaboration d’alternatives à la mondialisation néolibérale, ainsi que la décision d’actions.

· Un des principes fondateurs du FSM est l’horizontalité. Ainsi, il n’y a pas de hiérarchie entre les acteurs, ni de porte-parole du processus. Le principe ayant permis de prioriser depuis son origine la recherche d’ouverture et l’horizontalité est celui de l’auto-organisation des activités par les participants du forum.

Qui participe au FSM ?

Appartenant à la société civile à divers titres, on retrouve : mouvements sociaux, ONG, syndicats, mouvements paysans, universitaires, organisations d’églises, médias alternatifs… Ils ne doivent pas appartenir à un groupe armé, ni représenter un parti politique.

 

 

Les 10 éditions du FSM

· 2001 / 2002 / 2003 : Porto Alegre (Brésil)

· 2004 : Mumbai (Inde)

· 2005 : Porto Alegre (Brésil)

· 2006 : FSM polycentrique à Bamako (Mali) / Karachi (Pakistan) / Caracas (Venezuela)

· 2007 : Nairobi (Kenya)

· 2008 : Journée mondiale d’action

· 2009 : Belém (Brésil)

· 2011 : Dakar (Sénégal)

 

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2. Les enjeux du Forum Social Mondial 2011 à Dakar[3]

Les enjeux du Forum Social Mondial à Dakar s’organisent autour de trois grandes questions : la situation mondiale et la crise ; la situation des mouvements sociaux et citoyens ; le processus des forums sociaux mondiaux.

La situation mondiale et la crise

La situation mondiale est caractérisée par la profondeur de la crise structurelle de la mondialisation capitaliste. Les quatre dimensions de la crise, sociale, géopolitique, écologique et idéologique, seront abordées à Dakar. La crise sociale sera abordée à partir notamment des inégalités, de la pauvreté, des discriminations. La crise géopolitique sera discutée à partir notamment des guerres et des conflits, de l’accès aux matières premières, de l’émergence des nouvelles puissances mondiales. La crise écologique sera présente à partir notamment du changement climatique, de l’épuisement des ressources naturelles, de l’eau, de l’accaparement des terres, de la désertification, de la biodiversité. La crise idéologique sera débattue à partir notamment des idéologies sécuritaires, de la remise en cause des libertés et de la démocratie, de la culture, de la science, de la modernité. L’hypothèse d’une crise de civilisation, très présente depuis le Forum social de Belém, sera approfondie.

L’évolution de la crise met en évidence une situation contradictoire. Les analyses portées par le mouvement altermondialiste sont acceptées et reconnues et contribuent à la crise de l’idéologie néolibérale. Les propositions issues des mouvements sont acceptées comme base de référence ; par exemple, le contrôle du secteur bancaire et financier, la suppression des paradis fiscaux et judiciaires, les taxes internationales, le concept de sécurité alimentaire, considérées il n’y a pas si longtemps comme des hérésies, sont à l’ordre du jour du G8 et du G20. Pour autant, elles ne se traduisent pas dans des politiques viables ; elles sont déviées et récupérées et se heurtent à l’arrogance des classes dominantes sûres de leur pouvoir.

La validation des hypothèses se traduit par une certaine banalisation de la parole du mouvement. Elle nécessite d’affiner les perspectives et de donner plus de place au débat stratégique, à l’articulation entre l’urgence et la durée, les résistances et la transformation en profondeur. La situation met en évidence la double nature de la crise, celle d’un emboîtement entre la crise du néolibéralisme, qui est une phase de la mondialisation capitaliste, et une crise de la mondialisation capitaliste elle-même ; une crise du système qui peut être analysée comme une crise de civilisation, celle de la civilisation occidentale qui s’est imposée au début du 15ème siècle.

Les alliances stratégiques dans cette situation doivent correspondre à une double exigence. La première exigence concerne la lutte contre la pauvreté, la misère, les inégalités, la précarité, les atteintes aux libertés dans le monde pour permettre l’amélioration des conditions de vie et l’expression des couches populaires directement frappées par les politiques économiques et sociales dominantes. La deuxième exigence met en évidence qu’un autre monde possible et nécessaire passe par la rupture avec les modes de production, de consommation et de redistribution économiques, sociaux, écologiques, avec les rapports de force géopolitiques posés ces dernières décennies et les modèles démocratiques mis en avant par l’occident.

Trois propositions émergent dans les réponses à la crise : celles du néo-conservatisme qui proposent la sauvegarde de la logique dominante et des privilèges qui lui sont attachés au prix de la restriction des libertés, de la poursuite de l’accroissement des inégalités et de l’extension des conflits et des guerres ; celle d’une refondation en profondeur du capitalisme défendue par les tenants du « Green new-deal » qui proposent une régulation mondiale, des redistributions relatives et une promotion volontariste des « économies vertes » ; celle d’une alternative radicale écologique et sociale qui corresponde à un dépassement du système actuellement dominant. L’espace du Forum social mondial regroupe tous ceux qui refusent l’option néoconservatrice et le maintien de la logique néolibérale. Il constitue un espace de discussion, vigoureux et évolutif, entre les mouvements qui se situent dans la perspective d’un « débordement » d’un « Green new-deal » et ceux qui défendent la nécessité des alternatives radicales.

La référence au contexte africain

Le Forum social mondial de Dakar mettra en avant plusieurs questions essentielles que la référence au contexte africain permettra de mieux mettre en évidence. L’accent sera mis sur la place de l’Afrique dans la situation mondiale et dans la crise. L’Afrique est un révélateur et un analyseur de la situation mondiale. L’Afrique n’est pas pauvre ; elle est appauvrie. L’Afrique n’est pas marginalisée ; elle est exploitée. Elle est indispensable à l’équilibre économique et écologique du monde par ses matières premières et ses ressources naturelles et humaines qui sont convoitées tant par les pays du Nord que par les pays émergents, avec la complicité active d’une partie des dirigeants des Etats africains.

L’accent sera aussi mis sur la décolonisation en tant que processus historique inachevé. La crise du néolibéralisme et celle de l’hégémonie des Etats-Unis inscrivent la possibilité d’une nouvelle phase de la décolonisation, ainsi que l’affaiblissement des puissances colonisatrices européennes. La représentation Nord-Sud est en train de changer ce qui n’annule pas la réalité des contradictions géopolitiques et économiques entre le Nord et le Sud.

L’accent sera mis sur les diasporas et les migrations en tant que question structurelle de la mondialisation. Cette question sera abordée à partir de la situation actuelle des migrants et de leurs droits. Elle sera inscrite dans le temps long à partir d’un retour sur la traite esclavagiste. Elle sera mise en perspective à partir du rôle grandissant, économique et culturel, des diasporas.

L’accent sera mis sur l’évolution du système international, des institutions internationales et des négociations internationales. Elle concernera particulièrement des questions qui rendent criantes les nécessités d’une régulation mondiale : les équilibres écologiques ; les migrations et les diasporas ; les conflits et les guerres.

La situation des mouvements sociaux et citoyens

La convergence des mouvements qui constitue l’espace du Forum social mondial est engagée dans des résistances sociales, écologiques et démocratiques. Les luttes sociales se prolongent dans les luttes citoyennes, pour les libertés et contre les discriminations. Les résistances sont indissociables des pratiques concrètes d’émancipation qui sont portées par les mouvements.

L’orientation stratégique des mouvements s’organise autour de l’accès aux droits pour tous, de l’égalité des droits et de l’impératif démocratique. Les mouvements sont porteurs d’un nouveau mouvement historique d’émancipation qui prolonge et renouvelle les mouvements précédents. C’est autour de la définition des droits, de leur mise en œuvre et de leur garantie que se définit une nouvelle période d’émancipation possible. Elle implique que soit revisitées les conceptions des différentes générations des droits : les droits civils et politiques formalisés par les révolutions du 18ème siècle, réaffirmés avec la Déclaration universelle des droits de l’Homme, complétés par les approches de remise en cause des totalitarismes des années 60 ; les droits des peuples portés par le mouvement de décolonisation autour du droit à l’autodétermination, du contrôle des ressources naturelles, du droit au développement et du droit à la démocratie ; les droits économiques, sociaux et culturels spécifiés dans la Déclaration universelle et précisés par le Protocole additionnel adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2000.

Une nouvelle génération de droits est en gestation ; elle correspond à l’expression de la dimension planétaire et aux droits qui se définissent dans la recherche d’un autre monde par rapport à la mondialisation dominante. De ce point de vue, deux questions seront très présentes à Dakar : les droits environnementaux dans la perspective de la préservation de la planète ; les droits des migrants et des migrations qui interpellent la place des frontières et l’organisation de l’espace mondial. Le FSM de Belém a mis en évidence l’intérêt de l’approche des mouvements dans la question écologique dans ses différentes dimensions, du climat à l’épuisement des ressources naturelles et de la biodiversité, à l’accaparement de l’eau, des terres et des matières premières. Le FSM de Dakar mettra en évidence une nouvelle approche des migrations avec la liaison entre migrations et diasporas et la Charte mondiale des migrants.

Le FSM de Dakar sera aussi un moment d’interrogation sur la décolonisation inachevée et sur l’ouverture d’une nouvelle phase de la décolonisation. C’est dans cette perspective que se situe l’évolution des rapports entre le Nord et le Sud. Certes la représentation Nord-Sud change ; du point de vue de la structuration sociale, il y a un Nord dans le Sud et un Sud dans le Nord. L’émergence de grands Etats modifie l’équilibre économique et géopolitique mondial. Elle est confortée par la montée en puissance de plus de trente Etats qui peuvent être considérés comme émergents. Pour autant, les formes de domination restent déterminantes dans l’ordre du monde ; la notion du Sud conserve une forte actualité. Le Forum social mondial met l’accent sur une question nouvelle, celle du rôle historique et stratégique des mouvements sociaux et citoyens de l’ensemble des pays émergents, par rapport à leur Etat et par rapport à la place de ces Etats dans le monde à venir. Cette question qui a déjà marqué l’espace des forums avec le rôle joué par les mouvements brésiliens et indiens, prend une importance stratégique avec l’évolution géopolitique liée à la crise.

Le Forum social mondial est l’espace de la rencontre entre les mouvements de diverses natures et des différentes régions du monde. Cette rencontre avait déjà commencé à partir des réseaux regroupant les différents mouvements nationaux. Deux évolutions s’affirment à travers le processus des forums. D’abord, les rapprochements entre les mouvements par grandes régions, leurs caractéristiques et leurs situations spécifiques. Ainsi, les mouvements en Amérique Latine, en Amérique du Nord, en Asie du Sud et notamment en Inde, en Asie du Sud-Est, au Japon, en Europe, en Russie. Le Forum social mondial de Dakar sera marqué par deux évolutions importantes. L’importance nouvelle des mouvements de la région Maghreb-Machrek a marqué l’année 2010 et la préparation de Dakar. La vigueur du mouvement social africain sera visible à Dakar, à partir des mouvements paysans, syndicaux de salariés, des femmes, des jeunes, des habitants, des migrants et des refoulés, des groupes culturels et originaires, des comités contre la pauvreté et la dette, de l’informel et de l’économie solidaire, etc. Ces mouvements sont visibles, avec leur convergence et leur diversité dans les sous-régions africaines, en Afrique du Nord, surtout le Maghreb, en Afrique de l’Ouest et centrale, en Afrique de l’Est et en Afrique Australe.

Au cours du Forum social mondial de Dakar, une question très présente sera celle des débouchés politiques des mobilisations sociales et citoyennes. Elle concerne à la fois la question de l’expression politique des mouvements et des prolongements des mouvements par rapport aux institutions, à la scène politique et au gouvernement des Etats. Au niveau de l’ensemble des mouvements, la réflexion progresse sur l’importance de préciser, à travers l’invention d’une nouvelle culture politique, le rapport entre pouvoir et politique. Le processus des FSM a posé des bases de cette nouvelle culture politique (horizontalité, diversité, convergence des réseaux citoyens et des mouvements sociaux, activités autogérées, …) mais doit encore innover sur plusieurs approches de la politique et du pouvoir pour pouvoir dépasser l’ancienne culture politique qui reste largement dominante. Par ailleurs, la traduction politique des avancées des mobilisations dépend des situations. Elle se différencie suivant les niveaux de la nature des institutions et des représentations politiques : au niveau local avec la possibilité de peser sur les choix des autorités locales ; au niveau national et international avec le gouvernement des Etats, les régimes politiques et les institutions internationales ; au niveau régional et mondial avec les alliances géoéconomiques et géoculturelles et avec la construction d’une opinion politique mondiale et d’une conscience universelle.

Le processus des forums sociaux mondiaux

Après le Forum social de Belém, pendant l’année globale d’actions 2010, plus de quarante événements ont montré la vigueur du processus. Parmi eux, le forum des dix ans à Porto Alegre, le forum social des Etats-Unis, celui de Mexico et le forum des Amériques, plusieurs forums en Asie, le forum mondial de l’éducation en Palestine, plus de huit forums au Maghreb et au Machrek, etc. Chaque événement associé a été décidé et organisé par un comité d’initiative local. Celui-ci se réfère à la Charte des principes du Forum social mondial, adopte une méthodologie qui laisse une place importante aux activités autogérées, déclare son initiative au Conseil International du FSM. Cette multiplication ouvre une perspective d’extension du processus des forums. Elle a pris une autre forme avec celle des « forums étendus » qui consiste à associer à un forum, par des liaisons internet, des initiatives locales dans différents pays. Ainsi, au moment du Forum mondial de l’éducation en Palestine, plus de quarante initiatives se sont associées aux diverses manifestations de Ramallah. Les initiatives associées du « Dakar étendu » innovera dans le processus des forums.

La préparation du FSM de Dakar s’est appuyée sur les événements de l’année globale d’actions 2010 et sur une série d’initiatives qui a cherché à faire converger les mobilisations et a permis d’explorer de nouvelles pistes en matière de l’organisation et de la méthodologie des forums. Ainsi, on peut déjà retenir les caravanes convergentes vers Dakar en passant par le forum des femmes à Kaolack, les journées migrations et diasporas, les assemblées de convergence pour les actions, les forums associés (l’Assemblée mondiale des habitants, science et démocratie, syndical, des autorités locales et des autorités locales de périphérie, des parlementaires, de la théologie de la libération, etc.).

Après Dakar, un nouveau cycle du processus des forums sociaux sera engagé. Le renforcement du processus des forums sociaux pourrait rejoindre les grandes mobilisations qui comme Rio+20, les mobilisations pour le G8-G20, ou d’autres en accepteraient la démarche. Elles seraient reconnues comme des événements associés au processus des forums, renouant ainsi avec les mobilisations qui, comme à Seattle en 1999, ont contribué à son lancement.

LA PRESENCE DE LA CHARTE MONDIALE DES MIGRANTS AU FSM

Le dimanche 6 février, toute la troupe de la Caravane et de la Charte Mondiale a repris le bateau pour retourner sur le continent et participer à un autre événement passionnant : la Forum Social Mondial ! Passionnant, le FSM l’était à plus d’un titre : 60 000 personnes, une société civile mondiale diversifiée et plurielle, une ambiance électrique, réceptacle des révolutions en cours dans le monde arabe, une grande place attribuée aux questions africaines, à commencer par la migration, etc.

Le forum a été l’occasion de promouvoir le processus et les principes da la Charte Mondiale ses Migrants au niveau mondial. En participant et en intervenant dans de nombreux ateliers sur la migration, la Charte a contribué à diffuser toutes les valeurs et les idées politiques muries pendant les consultations des assemblées locales et la rencontre mondiale de Gorée. En particulier, un atelier a été spécialement conçu afin de diffuser et de présenter le texte de la Charte et de réfléchir avec les participant aux pistes d’actions qui peuvent en découler. La déclaration finale de l’assemblée des mouvements sociaux montre l’impact des migrants et associations de migrants au FSM et l’extrême importance qu’il reconnait aujourd’hui à apporter des solutions aux problèmes des migrants.

LE PASSEPORT UNIVERSEL

Rien de moins que réaliser l’impossible. Divers mouvements et structures s’engagent dans la lutte pour l’avènement d’un nouveau type de citoyenneté[4]

 

Cette édition 2011 du Forum social mondial a pour axe de réflexion majeur la question des migrations.

Parmi les initiatives, un atelier était consacré mercredi à la citoyenneté universelle. Une rencontre où ont été présentées, entre autres, la Charte Mondiale des migrants adoptée la semaine dernière à Gorée et l’idée de

Passeport de citoyenneté universelle.

Présents à cet atelier, la Charte Mondiale des Migrants donc, le Mouvement Utopia[5], Emmaüs International[6], Visa du monde et la Fondation France Liberté[7]. Face aux représentants de ces structures ou mouvements, une salle comble.

La séance débutera par une brève présentation de la Charte Mondiale des Migrants, écrite par les migrants eux-mêmes et laquelle pose la liberté de circulation et d’installation comme droit absolu.

Adoptée vendredi dernier, le travail ne fait pourtant que commencer pour les migrants qui se sont ainsi réapproprié leur propre parole. Le texte s’adresse à tous, à chaque être humain et est destiné à donner à tous le courage de lutter et d’agir. Un document qui, en quelques sortes, est fait pour « s’attaquer au système qui veut réglementer les déplacements dans le monde, un système qui ne fonctionne pas, un système qui s’oppose à l’Humanité » dira Jelloul Ben Hamida, coordonnateur de la Charte. En bref, un outil destiné à aller vers une nouvelle citoyenneté fondée non plus sur la nationalité mais sur la résidence.

A la suite de cette présentation, Ricardo Jimenez, militant latino-américain et porteur du projet de Charte sur ce continent là, expliquera que la crise migratoire a une cause historique : les lois, normes et critères de migration sont hérités du siècle passé et sont aujourd’hui caduques et obsolètes.

Celui-ci fera ensuite le parallèle avec l’esclavage, qui fut légal pendant des siècles et dont la lutte pour l’abolition fut longue mais victorieuse. « L’humanité va devoir inéluctablement se diriger vers une solution de citoyenneté universelle, dira-t-il. Une nouvelle citoyenneté qui devra nécessairement être accompagnée d’une nouvelle distribution des richesses ».

Et de reprendre « On ne peut pas prévoir l’avenir, mais l’on voit bien que des chemins s’ouvrent, que des blocs régionaux se constituent, un peu à l’image de l’Europe. Ce cheminement montre que l’on se dirige vers la citoyenneté universelle, même si la route qui y mène sera probablement longue et semée d’embûches ».

Puis de conclure par une citation de Nelson Mandela : « Les choses ne sont impossibles que jusqu’à ce que nous les réalisions ».

Un passeport de citoyenneté universelle à l’horizon 2012

C’est naturellement que l’intervention glissera alors vers le projet de passeport de citoyenneté universelle. Un passeport à la fois symbolique et de combat.

Le projet, initié il y a peu, est d’ores et déjà bien avancé. Ce passeport devra être délivré par les Etats, dans leurs ambassades, comportera à l’intérieur un texte proclamant les préceptes de cette nouvelle citoyenneté lequel devra être signé à la fois par la société civile et par les mouvements politiques.

Enfin, les principes inscrits dans la Charte mondiale des migrants s’appliqueront aux ressortissants des pays signataires du passeport. Et pour réaliser ce projet, ses promoteurs se fixent un objectif temporel très ambitieux, à savoir une première émission de passeport en février 2012.

Des négociations sont déjà initiées avec l’Equateur (lequel promeut depuis plusieurs année cette idée de citoyenneté universelle) et des premiers contacts ont été noués avec la Guinée.

Au final, trois heures d’échanges riches et reconnus par l’ensemble de l’assemblée comme tels. Une thématique centrale pour un enjeu primordial, peut être l’enjeu majeur du XXIème siècle, celui de la migration, celui de l’abattement des murs, celui d’un monde nouveau, pluriel, solidaire et responsable.

La CMM à la manifestation contre FRONTEX[8]

Le 10 février au matin, quelques 600 personnes répondaient à l’appel à protester « Contre la mort de milliers de migrants aux frontières extérieures de l’Europe », en défilant depuis la Poste de la Medina jusqu’au bureau de Frontex sur la place d’Oran à Dakar.

Le Comité Migration et Diaspora, la Charte Mondiale des Migrants, la Caravane du Maroc, le réseau Afrique-Europe-Interact, le « Forum Permanent des Acteurs de la Pêche Artisanale en Afrique » et l’ « Association des jeunes rapatriés de Thiaroye sur mer » s’étain mobilisés, dans le cadre du Forum Social Mondial, pour aller protester contre les agissements de l’agence Frontex qui, depuis son entrée en fonction, est responsable de la mort de plusieurs milliers de migrants.

Le réseau Afrique-Europe-Interact a organisé le départ pour la manifestation à partir du campus de l’université Cheikh Anta Diop. De là, ils ont traversé les quartiers de la Geule Tapée et de la Medina, pour arriver à la Poste de la Medina où était le rdv pour la marche. Sur le chemin vers la place d’Oran, on a pu entendre les slogans suivants : « il n’y a pas d’illégaux ! Solidarité avec les migrants et les migrantes ! Solidarité avec les sans-papiers ! Les travailleurs et travailleuses émigrés maintiennent l’économie de l’Europe comme celle des pays africains à bout de bras ! Nous sommes tous(tes) des migrant(e)s ! Pour le droit à la migration ! Frontex tue les migrants sur la mer, tue vos enfants ! ».

La menace proférée au début d’interdire la manifestation sur ce trajet d’à peine 700 mètres ne fut pas suivie d’effets ; en échange, les manifestants furent accompagnés, de la Poste de la Medina jusqu’au bâtiment de Frontex, d’une forte présence policière (une centaine de fonctionnaires armés, environ).

Peu avant l’arrivée du cortège, quelques activistes avaient réussi à pénétrer dans le bâtiment de la Sureté Nationale Sénégalaise pour accrocher une banderole « Frontexplose ! » au balcon. Après quelques minutes d’exposition, celle-ci fut retirée par des policiers, et le petit groupe s’en est sorti avec un contrôle d’identité. Le rassemblement devant le bâtiment de Frontex prit la forme d’un sit-in. Entre autres orateurs(trices), il y avait Madjiguène Cissé du comité Migration et Diaspora du FSM, Ousmane Diarra de l’Association Malienne des Expulsés et Fabien Didier Yene pour la Charte Mondiale des Migrants et la caravane.

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LES ASSEMBLEES DE CONVERGENCES

Lors du FSM de Dakar, la migration a constituée une des thématiques centrales grâce aussi à l’organisation de l’Assemblée mondiale des migrants juste avant le Forum.

On le remarque dans le texte de l’Assemblée des Mouvements Sociaux[9] où la liberté de circulation fait partie des revendications prioritaires.

En plus des personnes en venant de l’Assemblée, des nombreuse militants et associations ont porté et organisé plusieurs rencontres et débats sur la thématique.

Ces rencontres ont donné lieu à quatre déclarations finales rassemblée lors d’une Assemblée de convergence sur la thématique migration, organisé le samedi 11 février 2011[10].

Ci-dessous nous vous proposons les quatre déclarations et la « Déclaration finale de l’Assemblée des Assemblées ».

Déclaration finale de l’Assemblée de Ponts pas des Murs – ??? – Déclaration pour les droits des migrants et des relations entre migrations et développement (adoptée par l’Assemblée de convergence pour l’action du 11 février 2011 – DPPDM)

Déclaration pour une Mobilisation pour la liberté de circulation (adoptée par l’Assemblée de convergence pour l’action du 11 février 2011 – Emmaüs International)

Les organisations signataires, réunies au Forum Social Mondial de Dakar, s’accordent sur les propositions suivantes issues des ateliers tenus sur la libre circulation des personnes dans des conditions dignes, objectif crédible et nécessaire, et solution pour un monde citoyen et solidaire.

Ces propositions peuvent s’articuler avec d’autres productions du Forum de Dakar sur la question des MIGRATIONS.

PROPOSITIONS POUR L’ACTION :

A → Combattre les idées reçues et la stigmatisation, rétablir la vérité, informer et sensibiliser sur la Libre Circulation pour changer les mentalités

Impliquer les migrant(e)s et leurs associations en partenaires à part entière dans toutes les initiatives d’information et de sensibilisation

Inventer et utiliser des outils pédagogiques adaptés (jeux, argumentaires, guides,…) qui valorisent les migrations

Multiplier les débats d’information et de sensibilisation des citoyens et des acteurs socio-économiques et politiques

Médiatiser ce sujet autrement pour changer la vision sur les migrations et pour permettre un débat serein, argumenté et raisonné.

 

B → S’appuyer sur le droit et le faire respecter

En le faisant appliquer

Faire valoir les droits économiques, sociaux et civiques des migrant(e)s, sur un pied d’égalité avec les autres citoyens, dans les pays d’origine et d’installation ; aller vers une citoyenneté de résidence et vers la régularisation des personnes sans papiers qui la demandent

Se mobiliser partout pour faire respecter et appliquer les droits et conventions existantes protecteurs des migrant(e)s, et faire évoluer ces droits à tous les niveaux en leur faveur

Informer et former les migrant(e)s sur leurs droits (notamment par des guides pratiques de vulgarisation, des outils pédagogiques et l’appel à des témoignages de migrants)

En le faisant évoluer

Faire ratifier la convention internationale des N.U. sur les droits des travailleurs migrants et leurs familles

Faire valoir tout particulièrement les droits des femmes migrantes victimes de discriminations spécifiques

Faire obstacle à toutes politiques répressives, d’externalisation (Frontex) et d’enfermement ; humaniser l’accueil des migrant(e)s (sensibiliser les ambassades à refuser les laissez-passer de reconduite, combattre les accords de réadmission,….)

Dénoncer l’externalisation des frontières européennes et les conditions d’enfermement dans les centres de rétention.

Abandonner toute politique d’immigration choisie

 

C → Aller concrètement vers la Libre Circulation Mondiale des personnes :

En portant cette question à l’agenda international

Réunir les acteurs associatifs et syndicaux et les réseaux internationaux travaillant sur la Libre Circulation des personnes pour des convergences dans l’action

Constituer un espace international reconnu de discussion, de mobilisation, de gouvernance avec tous les acteurs concernés (associations de migrant(e)s, ONG, acteurs socio-économiques et politiques syndicats, agences onusiennes…)

Activer les différents leviers de saisie des Nations Unies (ECOSOC, directions expertes,…) pour promouvoir la libre circulation des personnes et faire remonter les propositions pour la défense des droits des migrant(e)s jusqu’aux instances des Nations Unies et mener des actions de plaidoyer pour une gouvernance mondiale de la question

En (s’)appuyant (sur) des initiatives internationales innovantes

Organisation d’une conférence internationale « Libre Circulation des personnes »

Promotion de la Charte Mondiale des Migrants

Soutien au « Passeport de citoyenneté universelle »

Valorisation des initiatives « Visa pour le Monde » (site www.visapourlemonde.org )

 

D → Rétablir une relation saine et éthique entre Migrations et Développement

En s’appuyant sur le principe Que nous sommes tous acteurs de développement là où nous sommes

Lutter contre les accords qui conditionnent l’aide au développement aux contrôles migratoires

Appuyer et valoriser les pratiques de bonne gouvernance à tous les niveaux (démocratie, participation, transparence…) qui favorisent à la fois l’aide au développement et la libre circulation des personnes

Encourager partout les mesures d’appui au développement, individuelles (par exemple en soutenant les initiatives autonomes des migrants, en particulier celles des femmes et des jeunes) et collectives (par exemple en facilitant l’accès des organisations locales aux financements)

Exiger des dispositifs de transferts internationaux financiers justes et transparents, de lutte contre l’évasion fiscale et les « biens mal acquis » et pour améliorer les conditions de transferts de fonds des migrants

Combattre l’immigration choisie qui draine les compétences nécessaires au développement.

Les organisations parties prenantes s’engagent à travailler de manière concertée à la réalisation de ces propositions, selon leurs capacités d’implication et de mobilisation respectives. Un point d’étape de la mobilisation sera opéré au prochain FSM.

Elaboré le 10 février 2011 dans le cadre du Forum Social Mondial de Dakar.

Avec la Libre Circulation des Personnes, un autre monde est possible !!

ORGANISATIONS parties-prenantes : Emmaüs International, Secours Catholique / Caritas France, Mouvement Utopia, France Libertés, La Charte Mondiale des Migrants, La Cimade, Enda Tiers Monde, ATTAC, FASTI, Réseau Des Ponts Pas Des Murs

ORGANISATIONS additionnelles (en cours de vérification): CCFD, ONG Pacte, GRDR, Scouts du Sénégal, KAIROS Europe, MANI TESE, Forum Social Local d’Aubervilliers, RAME, CNOSCG, Forum Européen des Citoyens, ADESEN, Rencontre et Développement, FSU, CRID, RITIMO, LALIANE, Union Syndicale Solidaire, ASFP, DLP, GWI/PCA, USWA, Amis de la Vie, Synergie Paysanne, SIDI, Forum Gardois des Migrants, Collectif Pêche et Développement, INAISE, Peuples Solidaires, ARK, GADERKAF, CARITAS, Médecins du Monde.

Déclaration de mobilisation pour une journée mondiale des migrants (adoptée par l’Assemblée de convergence pour l’action du 11 février 2011 – ARCI)

Le Forum Social Mondiale de Dakar, en accueillant les propositions du Forum Social Mondiale de l’Immigration de Quito[11] et celles du Forum de Dakar et de la Charte Mondiale des Migrants signée à Gorée le 11 février 2011, propose une journée d’action globale le 18 décembre 2011 contre le racisme et pour les droits, l’égalité et la dignité des immigrées, des refugiées et des déplacées exige la ratification et l’application de la Convention des Nations Unies pour les droits des travailleurs immigrées et des membres de leurs familles la liberté de circulation et le droit de permanence le fermeture des centres de détention des migrants et l’annulation de tous les accords et les programmes qui violent les droits humains aux frontières dénonce les conséquences des politiques d’exploitation néo coloniale et néo libériste revendique le protagoniste des migrants en tant que acteur social et politique pour une citoyenneté universelle.

 

Appel de Dakar à la mobilisation face aux G8 et G20 en France en 2011[12] – « LES PEUPLES D’ABORD, PAS LA FINANCE »

Face au G8, les 21 et 22 mai 2011 au Havre

Face au G20, du 31 octobre au 5 novembre 2011 dans les Alpes Maritimes

Réunis à Dakar dans le cadre de l’assemblée de convergence pour l’action G8/G20 du forum social mondial, nous, mouvements sociaux, syndicats, associations de solidarité internationale, femmes et hommes de tous les continents appelons à une large mobilisation populaire lors du G8 des 26-27 mai à Deauville et du G20 des 3-4 novembre à Cannes. A Dakar, nous avons débattu sur la manière de faire face aux crises sociale, écologique, économique et géopolitique qui, ensemble, constituent une véritable crise de civilisation.

Le G20 est constitué de 20 pays parmi les plus riches au mépris de tous les autres. Il s’est autoproclamé garant de la stabilité économique et financière mondiale au lendemain de la tempête financière de 2008, mais n’a en rien protégé les peuples de cette grande crise. Au contraire, il a maintenu la dictature de la finance qui déploie son emprise sur tous les aspects de notre existence : logement, travail, éducation, agriculture, climat, retraites, connaissance, biodiversité… Par son action, il renforce les acteurs et les mécanismes à l’origine de ces crises, tout en faisant payer la note aux citoyens.

Nous savons que des réponses solidaires et démocratiques à la crise mondiale ne viendront pas des dirigeants des pays les plus riches, mais des peuples eux-mêmes. Nous refusons de laisser aux puissants le droit d’imposer leurs solutions à des crises qu’ils ont engendrées.

C’est pourquoi, nous appelons à faire des G8 et G20 en France des moments de convergence de toutes les résistances : luttes contre l’opacité et la dérégulation de la finance, contre la dette illégitime au Nord comme au Sud, contre les politiques d’austérité et pour les services publics, contre les fausses solutions au changement climatique et pour des modes de production et de consommation qui préservent la planète, contre la précarité et pour un travail décent, contre la spéculation sur les matières premières et pour la souveraineté alimentaire, contre les dictatures, la militarisation et le colonialisme et pour les droits démocratiques des peuples…

Nos mouvements font la démonstration par leurs pratiques et leurs propositions que des voies alternatives existent. L’accès de tous aux droits humains fondamentaux et la protection de notre planète passent par un juste partage des richesses, d’autres modes de développement et une gestion démocratique des biens communs.

A l’occasion de la tenue des sommets du G8 et du G20 en France, nous appelons au rassemblement des mouvements, réseaux et organisations. Nous nous appuierons sur la diversité et la complémentarité de leurs formes de réflexion et de leurs modes d’action pour organiser diverses initiatives pour une vaste mobilisation citoyenne internationale.

Déclaration finale de l ‘Assemblée des Assemblées

[1] Article écrit par Gustave Messiah, disponible sur : http://www.forumsocial.info/spip.php?article3

[2] Charte de Principes du Forum Social Mondial : http://www.forumsocialmundial.org.br/main.php?cd_language=3&id_menu=4

[3] Article écrit par Gustave Massiah et Nathalie Péré-Marzano, représentants du CRID au Conseil International du Forum Social Mondial – Décembre 2010 – http://www.reseau-ipam.org/spip.php?article2254

[4] Article écrit par François Daury, disponible sur le site de la CMM : http://www.cmmigrants.org/goree/spip.php?article24

[5] http://www.mouvementutopia.org/blog/

[6] http://www.emmaus-international.org/

[7] http://www.france-libertes.org/

[8] Inspiré par l’article du Réseau Afrique-Europe Interact disponible sur : afrique-europe-interact.net/index.php?article_id=214&aid=413

[9] http://fsm2011.org/fr/actualite/assemblees-de-convergence-pour-laction-0

[10] www.mobilisationsg8g20.org

 

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